La conférencière regrette qu’en Italie, il est interdit aux journalistes d’accéder aux centres d’accueil des immigrants qui vivent dans des conditions inhumaines à la limite au respect des droits de l’homme. Il faudra changer les lois fondamentales, nous sommes devant la propagande plutôt que de l’information. L’UE doit fixer des lois communes. Il faut des lois européennes.
Un journaliste d’Euractiv www.euractiv.com , dénonce les conditions de l’exercice de la profession de journaliste à Bruxelles. «Les dirigeants européens sont inaccessibles. Impossible d’interviewer Barroso, le président de la Commission européenne. On nous empêche de faire notre travail…Le journaliste doit gagner son pain et rester fidèle à la profession», déclare le journaliste d’Euractiv.
« Bruxelles qui ne fait rien devant les dépassements et les abus »
Originaire de Bulgarie, le journaliste d’Euractiv raconte la situation de la presse dans ce petit pays pauvre. «La plupart des journaux ne sont pas commercialement fiables. Pas de presse de qualité. Les responsables des journaux font plaisir aux sponsors… On ne sait jamais qui est le vrai propriétaire d’un journal…», dénonce l’orateur.
Le conférencier évoque le rôle que joue le premier ministre de droite Bokyo Borisov dans la soumission de la presse. «Le premier ministre est communicateur né. Il parle le langage de la rue, les médias l’adorent. Sa photo fait vendre. Il se fait élire homme politique de l’année et même footballeur de l’année. Il est en contact privé avec les journalistes. Ce premier ministre qui vient d’un monde obscur met tout l’argent public dans une banque et cette dernière achète les journaux qui font son éloge». Le journaliste regrette que la situation de la presse ait empiré depuis que la Bulgarie a intégré l’UE et dénonce Bruxelles qui ne fait rien devant les dépassements et les abus. «En Hongrie, Euractiv ne bénéficie pas de publicité puisque le rédacteur en chef est proche de la gauche», dénonce l’intervenant.
Je prends la parole pour dire: «Avec tout ce qui se passe comme dépassements en Europe, je comprends pourquoi la répression dans les pays de la rive sud de la Méditerranée n’émeut pas les dirigeants européens…Si la situation de la liberté de la presse continue sur ce rythme en Europe, les autres pays vont réprimer davantage en justifiant la répression par ce qui se passe dans votre continent ».
17h30. Plénière
Au deuxième jour de la Convention progressiste, une plénière est consacrée aux réformes des partis politiques. Job Cohen, leader du PVDA (Pays bas) explique la nécessité de démocratiser les partis socialistes de l’Europe. «Nous devons réfléchir à comment démocratiser nos partis. Nous avons un think thank important associé à notre parti et qui se projette dans l’avenir », explique-t-il. Dans le cadre de la démocratisation des partis, Job Cohen plaide pour l’élection d’un candidat socialiste à la présidence de la Commission européenne.
« Nous ne vivons pas l’époque du changement, nous vivons le changement d’une époque ! »
Carlos Peredes, un jeune militant du Mouvement Real Democraty en Espagne appelle les partis à se démocratiser, à renouveler leur encadrement. «Depuis 20 ans, nous voyons les mêmes visages durant les élections. Les mêmes élites. Il faut donner de l’importance à la base pour désigner ses représentants… Par souci de transparence, les citoyens doivent savoir d’où provient l’argent des partis politiques», déclare Carlos Peredes.
Le partisan de la démocratie 4.1 (un projet qui vise à améliorer la démocratie dans les organisations), regrette que ceux qui accèdent au pouvoir vivent dans un autre monde. « Il faut parler aux citoyens dans la rue. Les partis ont rompu le lien avec la population. Le PSOE a appliqué des mesures sans prendre en considération l’avis des citoyens. L’élite doit de se rendre compte des objectifs des citoyens. J’ai le sentiment que vous avancez moins et que vous vous réunissez en haut lieu sans prendre en considération la base. Vous vivez dans un monde de spéculation financière», accuse-t-il.
Evoquant les services publics, Carlos affirme que ces services garantissent la dignité humaine notamment dans le secteur de la santé. «Aujourd’hui en Catalogne, la loi exige de celui qui dort avec un malade dans un hôpital de payer une facture. Pourquoi les services médicaux ne sont pas mondialisés ? Où se trouvent ceux qui ont signé les accords qui ont conduit la Grèce au chaos. C’est une honte ! Nous ne vivons pas l’époque du changement, nous vivons le changement d’une époque !»
André Flahaut, président de la chambre des représentants en Belgique appelle les socialistes à sortir du débat d’appareil s’ils veulent faire triompher les valeurs socialistes. «Les gens attendent des réponses concrètes à leur travail. Il faut transformer la société avec cette valeur de solidarité. Il faut gagner les élections, il nous faut un parti fort qui agisse sur la base de valeurs…Nous sommes à un moment très dangereux. Les élus socialistes sont pris entre les banquiers et les insurgés. Baroso n’a pas de légitimité. Nous refusons de définir notre budget sur la base de ce que demandent les banquiers… Il faut convaincre les gens à être des militants citoyens. Nous chantons l’Internationale, les banquiers ne le font pas ! »
« Nous devons nous démarquer de la droite quand on est au pouvoir »
Pour sa part, Antonio Jose Seguro (PS Portugal) affirme que dans le cadre de la transparence son parti a adopté une charte exigeant des responsables du parti de déclarer leurs biens. «Il faut ouvrir le fonctionnement des partis, ouvrir le débat entre l’élite et la base et créer des conditions qui permettaient aux sympathisants d’y participer. »
Concernant la crise en Europe, le conférencier affirme qu’il y a un déficit démocratique dans la désignation des dirigeants des institutions. Il s’interroge sur la manière dont sont élus ceux qui sont à la tête de la banque centrale européenne, avant d’affirmer qu’il y a un déficit démocratique, et que les citoyens ne peuvent pas les sanctionner. «Est-il possible de réglementer la mondialisation du marché ? Pourquoi on ne met pas un terme aux paradis fiscaux ? Le capital bouge, par contre le citoyen reste… Le défi pour la gauche est de changer d’action. Aujourd’hui, il n y a que 3 Etats de l’UE qui sont dirigés par les socialistes. Pourquoi les citoyens préfèrent la droite et les conservateurs ? », s’interroge-t-il « Nous devons nous démarquer de la droite quand on est au pouvoir », tranche Jose Seguro. Le conférencier appelle le PSE à présenter un candidat à la présidence de la Commission européenne, et se mettre d’accord sur un programme politique avant de choisir le candidat.
« S’indigner c’est bien, s’engager c’est mieux »
Le Belge André Flahaut plaide pour l’union organisée entre les mouvements traditionnels (syndicats..), les nouveaux mouvements et les partis politiques. « Cette union est la seule voie praticable», déclare-t-il. Concernant la victoire de la droite en Europe, l’intervenant affirme que les conservateurs donnent l’impression aux gens qu’ils portent des solutions. «Le citoyen a besoin d’un logement, d’un emploi, de l’éducation pour ses enfants, il faut le rassurer. Il faut sortir de l’hyper individualisme, ramener le sens du collectif.».dit-il
De son côté, Antonio Jose Seguro indique que les socialistes on besoin de causes. «Il faut des causes pour que les gens se mobilisent. Il faut les convaincre qu’il est possible d’arriver à quelque chose. Les gens vivent dans la méfiance…Aujourd’hui, la fonction d’écoute de la population se perd. Les partis doivent s’ouvrir. Les citoyens considèrent les partis comme des représentants de l’Etat et non pas des représentants des citoyens dans les institutions de l’Etat. Mais les citoyens ne doivent pas se contenter de s’indigner, ils doivent s’engager», préconise le portugais.
Clôture de la Convention progressiste
La clôture s’est déroulée dans une très bonne ambiance. Après deux journées de débats, d’échanges, les participants sont conviés à la grande salle de conférences pour assister à la séance de clôture. Said El Khadraoui du Parti Socialiste de Belgique annonce la bonne nouvelle de l’adoption du budget par le gouvernement belge. Une autre bonne nouvelle qui a fait réagir la salle, l’annonce faite par l’intervenant sur la désignation prochaine d’un un premier ministre socialiste. «Le chemin était difficile en combat contre ceux qui croient que c’est l’austérité qui règle la crise », déclare El Khadraoui. «Les agences de notation lorsqu’elles font des erreurs, elles ne sont pas responsables…Ces agences représentent des opinions… L’Europe mérite mieux », précise Saïd.
Lui succédant à la tribune, Martin Schulz du SPD Allemand chauffe la salle à blanc. «Il faut écouter les gens dans la rue. Il faut prendre les citoyens au sérieux. Nous sommes là pour protéger les plus faibles… Le grand patron chante sa chanson capitaliste internationale sans règles… Les conservateurs veulent moins de salaires, et baisser les droits sociaux…Nous avons besoin de messages très simples… Quelles sont les attentes des citoyens pour voter sociaux démocrates ? Avant les parents disaient: « Nous espérons que nos enfants vivront mieux que nous, aujourd’hui ils disent que nos enfants mènent une vie difficile plus que nous»
«Le citoyens n’attend pas qu’il devienne millionnaire. Il veut un salaire décent, un emploi décent, un logement, il attend un emploi qui n’est pas un facteur de coût mais pour gagner sa vie, acheter ses vêtements, passer des vacances…il veut que ses enfants aient la possibilité d’être formé…Les socialistes sont confrontés à des moments difficiles. Le mouvement socialiste est vivant. Comment en tant que mouvement aujourd’hui nous sommes des partis… Nous devons éradiquer les paradis fiscaux et appliquer une taxe sur les transactions financières.
En Europe les pauvres doivent être solidaires des riches ! Il faut réglementer les marchés financiers, ce n’est pas à l’agence de notation de décider à la place des élus. Personne ne sait qui est derrière ces agences. Le destin d’un pays est entre les mains d’une entreprise privée aux USA. Il faut une agence européenne transparente. Ce qui donne les notations sont ceux qui ont le pouvoir entre les mains.”
Le nouveau président par intérim du PSE, Sergei Stanishev affirme que le PSE est bien plus fort que jamais. « A chaque fois, on se relève parce que nous avons analysé nos faiblesses. Il y a 10 ans je n’avais pas imaginé qu’un Bulgare puisse être à la tête du PSE…Dans deux ans et demi, nous pourront présenter un candidat à la présidence de la commission européenne… Dans 10 mois, nous allons tenir notre congrès en Roumanie. Les citoyens attendent une alternative. Si on ne la leur propose pas ils trouveront une autre, les citoyens ne peuvent attendre éternellement.
Ce blogpost a été publié d'abord sur Algérie - Politique