Les leaders des partis socialistes et sociaux-démocrates d'Europe ont adopté hier soir une déclaration politique où ils appellent le Conseil européen à 'Remettre l'Europe au travail'. Le texte est très critique quant à la direction que l'Europe a prise: "Sous la férule de la droite, des réponses peu judicieuses ont été élaborées, axées avant tout sur des coupes sombres dans les budgets publics et sur des mesures d'austérité qui menacent la relance à long terme, l'emploi et la cohésion sociale. Il est clair que les conservateurs essaient de "nous étrangler" pour revenir sur la voie de la bonne santé économique."
Trouvez le texte intégral de la déclaration (bientôt disponible en français)
“Remettons l'Europe au travail”
Au cours des six derniers mois, l'Union européenne est passée par une période de crise continue. La droite y a répondu par des mesures insensées, axées avant tout sur des coupes sombres dans les budgets publics et sur des mesures d'austérité qui menacent la relance à long terme, l'emploi et la cohésion sociale. Il est clair que les conservateurs essaient d’étouffer la relance économique. Mais cette approche est vouée à l'échec. En effet, si même les pays en bonne santé économique commencent eux aussi à se lancer dans des mesures d'austérité, une question se pose : ces mesures ne constituent-elles pas un assaut de la part des conservateurs contre l'Etat-Providence?
Des mesures d’austérité dans pratiquement tous les Etats membres ne conduiront qu’àun effondrement de la croissance et un retour à la récession. 4,5 millions d'emplois seront détruits d'ici 2013. L'Europe est la seule grande entité commerciale à s'être lancée dans une course irresponsable pour l'austérité à tout prix.
Mais une autre voie est possible. Le Parti socialiste européen (PSE) propose une démarche plus équilibrée. Nos solutions déboucheraient sur un assainissement des finances publiques plus efficace que l'approche purement idéologique de la droite. Notre démarche donne la priorité à la création d'emplois parce qu'elle représente la clé de la relance et de la croissance durable. Nos propositions se fondent sur la nécessité de procéder à un redressement budgétaire mais aussi sur l'importance des investissements publics.
Le chômage en Europe frise déjà la barre des 25 millions. Toute une génération de jeunes Européens risque de se retrouver au chômage à long terme. Ainsi, la société européenne risque de perdre cette même génération au profit de l'apathie politique, ou pire encore, de l'extrémisme politique.
Le Conseil européen a la possibilité de prendre des mesures de grande envergure en matière de gouvernance économique, de réglementation financière et de changement climatique. Il peut également faire de la réduction de la pauvreté, de l'inclusion sociale et du travail décent le pilier central de la stratégie à long terme de l'UE. Il est impossible de dire si le Conseil, dominé par la droite, fera preuve du courage politique suffisant pour avancer réellement dans ces domaines.
Les dirigeants politiques européens doivent à présent montrer qu'ils sont capables de réagir face à la crise et d'adopter des solutions qui permettent de créer davantage d'opportunités d'emplois, à l'instar d'autres régions du monde, qui ont également été frappées par la crise financière mondiale. Il est temps de redynamiser le processus décisionnel européen. Il est temps que les gouvernements de l'Union européenne développent une véritable union économique, pour réaffirmer la solidarité et se lancent dans une issue collective à la crise.
Le PSE, avec le soutien sans faille de la présidence espagnole de l'UE, a fait ses preuves en proposant des actions concrètes pour répondre à la crise dans la zone euro. Le PSE a été le premier à identifier et à promouvoir une taxe sur les transactions financières et une taxe bancaire à la fois comme nouvelles sources de revenues et comme mesure juste et appropriée pour que ceux qui ont causé la crise contribue à la résoudre. Le PES a été le premier à réclamer la mise en place d’un instrument européen de stabilité financière et d’un mécanisme de stabilité d’urgence.
Les leaders du PSE considèrent qu'il est nécessaire d'œuvrer en faveur de l'assainissement budgétaire. Mais il doit aller de pair avec la relance économique et une réforme structurelle. Les mesures relatives aux recettes et celles portant sur les dépenses doivent être équilibrées. Il est important, plus précisément, d'éviter les coupes sombres dans les systèmes de sécurité sociale parce qu'elles auraient des conséquences désastreuses sur la cohésion sociale et sur l'égalité des sexes. Nous avons donc besoin d'une solution alternative, où la taxe sur les transactions financières et une taxe bancaire jouent un rôle complémentaire et central. Dans ce sens, un mécanisme d’emprunt collectif européen, les eurobonds, devraient aussi être examinés.
L'Union européenne doit à présent passer de la gestion de la crise à une relance à long terme et au développement durable. Sur la base de la déclaration "Pour une sortie de crise progressiste", de la déclaration sur les priorités pour la stratégie Europe 2020, adoptée par la Présidence du PSE et par le Groupe S&D au Parlement européen, et du document politique du PSE en annexe, les Premiers Ministres et les Leaders du PSE lancent un appel en faveur :
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D'une politique économique coordonnée qui reconnaisse que l'UE est une entité commerciale cohérente et non un ensemble disparate d'Etats membres en concurrence ;
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D'une stratégie 'Europe 2020' axée sur le long terme, avec pour priorités la justice sociale, la lutte contre la pauvreté, la croissance verte et l'emploi, afin de trouver une issue durable à la crise ;
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D'une réglementation financière efficace et urgente, qui renforce les autorités de contrôle européennes, qui impose un contrôle plus stricte des produits dérivés et des spéculateurs, comme les fonds spéculatifs et de capital-investissement, qui régule les agences de notation privées et qui prévoie la création d'une agence de notation européenne indépendante ;
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D'une réponse claire à la crise de dette souveraine dans l’UE. La mise en place d’un système d'eurobonds géré par une agence européenne de la dette, pour les dettes existantes, qui permette par ailleurs de faciliter la gestion future de l'endettement et de protéger les Etats des attaques spéculatives, devrait être sérieusement considérée. Un tel système permettrait de soulager les budgets nationaux ; il doit s'accompagner de conditionnalités politiques claires afin de garantir une croissance économique solide et durable. Par ailleurs, la capacité de l'UE à émettre des eurobonds pourrait servir à financer des projets d'investissement gérés au niveau européen ;
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D'un Pacte européen pour l'emploi et le progrès social, comprenant des mesures concrètes pour créer des emplois nouveaux et décents ; pour promouvoir des politiques actives sur le marché du travail ; pour augmenter la qualité de l'emploi ; pour lutter contre le travail précaire ; pour dépasser les inégalités sociales, telles que l'écart salarial entre hommes et femmes ; et pour améliorer la qualité des services publics et l'accès à ces mêmes services ;
Cette crise n'a pas été causée par les citoyens ordinaires. Il est injuste de condamner les travailleurs au chômage. La vraie issue à la crise consiste à leur redonner un emploi. Protégeons l’Etat-Providence. Aucun pays ne peut se défendre à lui seul contre les attaques spéculatives. En agissant ensemble, nous ne pouvons qu'être plus forts. Le Parti socialiste européen s'adresse donc à tous les citoyens européens pour leur dire : remettons l'Europe au travail.
Autres documents adoptés
- Pour une issue progressiste à la crise; Entre relance et austérité: La stratégie du PSE pour sortir du dilemme - document politique du PSE, en annexe de la déclaration politique adoptée par les premiers ministres et les leaders du PSE, le 16 juin 2010
- PES Leaders welcome Estonia’s accession to the Euro area, déclaration des premiers ministres et des leaders du PSE, le 16 juin 2010



