Ce document, intitulé Examen annuel de la croissance, a été adopté par la Commission le 11 janvier, sous la pression du président Jose Manuel Barroso, et sera présenté à la réunion du Conseil européen du 4 février. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un texte législatif, ce document donne des indications claires sur la voie dans laquelle souhaite s’engager la Commission.
La Commission demande aux États membres de:
- renforcer la fiscalité indirecte tout en réduisant la structure progressive de l’impôt;
- encourager l’augmentation des heures de travail ;
- relever l’âge de départ à la retraite et pousser plus avant la privatisation des régimes de retraite ;
- affaiblir la législation relative à la protection de l’emploi;
- réduire les allocations de chômage directes;
- et d’accroître la libéralisation du secteur public.
Selon le Président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, «ce document montre que M. Barroso n’a pas tiré les enseignements de 2010 et qu’il n’a pas pris conscience des failles intrinsèques du modèle néolibéral qui sont à l’origine de la crise économique. Au lieu de cela, il persiste à vouloir nous faire croire que la relance économique passe par un durcissement des mesures à l’égard des personnes les plus touchées par les effets de la récession».
Le 19 janvier, l’eurodéputé socialiste Stephen Hughes (R-U) a déclaré devant le Parlement européen: «Le premier examen annuel de la croissance est une insulte aux droits socialement et économiquement essentiels des travailleurs, acquis de longue date, et au principe même de la convention collective». Il a poursuivi en disant que le texte, s’il était validé par le Conseil européen, «serait le pire texte que l’on puisse imaginer dans le contexte actuel. Non seulement il révélera ses failles économiques, mais il entamera profondément le projet européen».
La Confédération européenne des syndicats (CES) a, elle aussi, condamné catégoriquement le texte. Dans une lettre sans concession adressée au président de la Commission, Jose Manuel Barroso, le Secrétaire général de la CES, John Monks, qualifie le texte d’«atteinte à l’Europe sociale, en net contraste avec l’approche accommodante et non interventionniste adoptée à l’égard de l’augmentation rapide des rémunérations les plus élevées, et notamment des primes bancaires».
Le PSE s’est engagé à informer ses réseaux européens et nationaux des dangers du texte. Lors du Conseil du PSE qui s’est tenu en décembre, une alternative plus socialement équilibrée avait été adoptée, le «Pacte européen pour l’emploi et le progrès social».



